Descriptif
La lumière, la matière, et l’infime
Depuis deux ans, son travail s’attache au verre. Ce matériau, avant même d’être une substance, lui est apparu comme une présence : une beauté brute, silencieuse, presque vibrante. Un jour, en passant devant un dépôt de verre à recycler a Saint-Romain-le-Puy, il a été saisi. Les hautes buttes de verre pilé scintillaient sous un soleil sans retenue. Des milliers d’éclats projetaient la lumière en gerbes, en fragments, en vaisseaux minuscules qui venaient frapper sa rétine. Ce qui avait été rejeté brillait soudain comme une constellation de pierres précieuses. Sur les sentiers de la Loire lors de ses fréquentes randonnées, il a retrouvé ce même phénomène dans l’infiniment petit. Les grains de silice, dispersés dans le sable, captaient la lumière avec une intensité presque démesurée. Dans ces particules minuscules, un univers entier se révélait : une cartographie de constellations, un ciel renversé où chaque grain devenait un astre.
Comprendre ou accueillir
Que faut-il comprendre de ces visions ? Peut-être rien. Ou peut-être faut-il accepter que connaître, c’est parfois risquer de perdre une part de mystère. La poésie, elle, ne s’explique pas ; elle se reçoit. La beauté ne se dissèque pas ; elle se laisse traverser. Dans ces instants, il s'est senti au plus près de ce que pourrait être l’essence de l’art : un dialogue entre la matière et l’invisible, entre la perception et l’émerveillement.
La lumière, les anciens, et le savoir intuitif
Il s'est souvenu alors des savants de l’Egypte antique. Ils représentaient la lumière sous forme de fleurs de lotus colorées, comme si elle se déployait par touches, par unités, jamais en flux continu. Leur intuition rejoignait étrangement nos connaissances modernes : la lumière nous parvient par petits paquets, par grains — ce que nous appelons aujourd’hui des photons. Dans la mythologie égyptienne, Atom évoque l’origine, le principe, premier Atom (atome), « Celui qui advient de lui-même », c'est-à-dire l'univers, les constellations... Tandis qu’Aton, le disque solaire, incarne l’énergie vitale. Sans anachronisme, il demeure fascinant de constater à quel point leurs symboles semblent résonner avec nos concepts contemporains.
Entre matière et lumière
Le verre, la silice, la lumière : ces éléments forment le cœur de sa recherche. Ils lui rappellent que la matière la plus humble peut devenir un territoire d’éblouissement. Que l’infime peu contenir l’immense. Que la lumière, lorsqu’elle rencontre la matière, révèle bien plus qu’un simple phénomène optique : elle ouvre un espace sensible, un espace de pensée, un espace d’art.