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Le cycle, aux sources du design

Le design à Saint-Étienne Métropole, ça ne date pas d’aujourd’hui !
L’agglomération stéphanoise a longtemps été à l’avant garde de l’innovation, notamment en matière de cycle, comme en témoigne le Musée d’art et d’industrie, qui abrite la première collection française de cycles. La preuve, en une dizaine d’exemples !

Étienne Mimard, l’homme de l’industrialisation du cycle

  • Hirondelle 1892 © Collection Musée d'art et d'industrie
  • Affiche publicitaire Dombret et Jussy © Collection Musée d'art et d'industrie

Mimard est un chef d’entreprise avisé. Lui aussi flaire la bonne affaire. Dès 1887, soit une petite année après la création, par les frères Gauthier, de la première bicyclette française, il adjoint à sa Manufacture française d’armes de Saint-Étienne (qui n’est pas encore Manufrance) "le commerce et la réparation des vélocipèdes".

Mimard a vite intégré le potentiel du marché. Il a aussi rapidement intégré la complémentarité entre les productions d’armes et de cycles, tant en termes de compétences que d’outillage et de saisonnalité.

L’existence, à Saint-Étienne, d’une tradition métallurgique ancienne, d’une main d’œuvre qualifiée et d’un savoir-faire reconnu dans l’usage et le traitement des métaux vont faire le reste.

Étienne Mimard commence par commander des bicyclettes aux frères Gauthier. Puis crée, avec Pierre Blachon, sa propre marque, la fameuse Hirondelle, qui veut ni plus ni moins concurrencer les luxueuses bicyclettes anglaises qui monopolisent le marché hexagonal.

Nombre de fabricants d’armes prendront la roue de la grande Manufacture de Mimard, les uns se spécialisant dans les moyeux, les autres dans les pédales, d’autres encore dans le cadre, ici à Saint-Étienne, là à La Fouillouse ou à Saint-Chamond.

L’industrie française du cycle était lancée. Dans l’agglomération stéphanoise bien évidemment.

Des dérailleurs pour ne pas dérailler…

Stand cyclo © Collection Musée d'art et d'industrie

Dans la litanie des innovations stéphanoises en matière de cycles, l’histoire du dérailleur est cocasse.

Pourfendu par Henri Desgranges, le créateur du Tour de France, qui voyait dans la poly-multiplication, "une tricherie avec la route, tout juste bonne pour vieux messieurs et dames", il sera interdit sur la grande boucle… jusqu’en 1937 !

À l’inverse, il sera bien évidemment adopté par Vélocio et ses comparses cyclotouriste, promoteurs de longue date de la polymultipliée et du vélo pour tous.

Rendons à César : la solution du changement de vitesse est apparue en Angleterre en 1894. Jusqu’alors, pour changer de vitesse, on n’avait rien trouvé de mieux que… de retourner la roue arrière.

Mais deux Stéphanois vont lui apporter des innovations majeures. Le premier, c’est Joanny Panel et "Le Chemineau", marque déposée en 1913 et qui deviendra le nom de son entreprise, qui connaîtra une rapide croissance. Joanny Panel remporte en 1920 la coupe du Petit journal, une épreuve internationale de 1 000 km cumulant plus de 11 000 mètres de dénivelé. Sur 8 coureurs ayant atteint l’arrivée, 7 pédalaient sur des bicyclettes stéphanoises !

Pourtant, en 1924, le "Chemineau" va être supplanté par un autre dérailleur stéphanois, le fameux "Cyclo" fabriqué par Albert Raimond. Le "Cyclo" est le premier dérailleur à employer l’aluminium dans sa fabrication (déjà la chasse au poids !).

L’entreprise d’Albert Raimond, installée à Saint-Priest-en-Jarez à partir de 1938, produira jusqu’à 800 000 dérailleurs par an. La commune pouvait bien donner son nom à l’une de ses avenues…

Paul de Vivie, un art de vivre à deux roues

Compagnon des frères Gauthier, membre lui aussi du club des cyclistes stéphanois, le Stéphanois Paul de Vivie est avant tout un grand amateur de deux roues.

Il arpente la plaine du Forez avec son grand bi. Il tentera lui aussi de fabriquer sa propre bicyclette, cherchant à adapter le nouvel engin aux longues promenades pouvant s’apparenter même à des voyages.

Il est connu surtout pour être le fondateur d’un media, Le Cycle Forézien, en 1887, qui va largement contribuer à promouvoir l’usage de la bicyclette avec moult tests et articles techniques.

Communément appelé Vélocio, le pseudonyme qu’il utilisait en tant que rédacteur en chef de sa revue, il est l’inventeur du mot "cyclotourisme" et l’inspirateur de ce mouvement presque philosophique qui réunit aujourd’hui dans le monde, des millions d’adeptes.

La superbe, une "hirondelle" qui porte bien son nom

La suberbe © Collection Musée d'art et d'industrie - Yves Bresson

Prétentieux de donner "la superbe" comme nom à un modèle ? Que nenni ! Car cette bicyclette le porte à merveille.

Nous sommes en 1891, moins de cinq ans après la sortie du tout premier vélo des frères Gauthier. Et "Hirondelle", la société de cycles de la Manufacture française d’armes de Saint-Étienne sort ce modèle qui, par son design, révolutionne déjà le monde du cycle.

Tout est conçu pour le confort de son utilisateur, et notamment pour lui éviter les secousses : un cadre semi-circulaire, pour une meilleure position de pilotage, un guidon anti-vibrations, une selle hamac !

Avec ce modèle très abouti, la Manufacture stéphanoise entend bien contester l’hégémonie des grandes compagnies anglaises, au moins sur le marché national. Ce qui ne tardera pas à être une réalité.

Au musée d’art et d’industrie, une collection de cycles unique en France

La salle voûtée de la collection cycle du Musée d'art et d'Industrie © Gil Lebois

Le musée d’Art et d’Industrie conserve la première collection française de cycles, avec près de 350 machines, parmi lesquelles figurent des pièces très rares, voire uniques. Cet ensemble offre un panorama complet et raisonné de toute l’évolution du cycle, de ses balbutiements jusqu’aux périodes actuelles.

En 1886, la première bicyclette française est fabriquée à Saint-Étienne, acte fondateur d'une industrie qui connaîtra une renommée internationale grâce notamment aux innovations de Vélocio, Manufrance, Ravat, Automoto.

Mais l’attachement de Saint-Étienne au cycle n’est pas seulement industriel. Il se manifeste également au travers de la vitalité des clubs sportifs et cyclotouristes, et du succès jamais démenti d’événements sportifs comme la Montée Vélocio ou le Tour de France.

L’histoire des techniques, des pratiques et des représentations sociales liées au cycle nous montrent que le vélo est plus qu’un simple objet permettant de se déplacer, il est un témoin du rapport que l’homme entretient avec son corps et son environnement social. L’évolution des cycles, toujours plus performants, légers et confortables, doit tout à ses pratiquants, de Vélocio, cyclotouriste convaincu de la viabilité du dérailleur, aux champions du XXIe siècle qui testent des prototypes en soufflerie.

En plaçant l’homme au cœur de sa problématique, le musée d’Art et d’Industrie propose au visiteur de découvrir l’histoire du cycle d’une manière atypique et sensible. Au sein de son département "cycles", la relation entre corps et machine s’est imposée comme un axe de réflexion privilégié.

> Plus d’infos sur www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr 

Musée d’art et d’industrie
Ouvert tous les jours de 10h à 18h (sauf les mardis)
2 place Louis Comte, 42026 Saint-Étienne cedex 1
Tél. 04 77 49 73 00

La première bicyclette française est stéphanoise

Personnel des frères Gauthier © Collection du Musée d'art et d'Industrie

 Il fallait y penser ! Il fallait sentir le potentiel ! En bons amateurs de cycles, eux qui étaient membres du tout jeune club des cyclistes stéphanois, les frères Gauthier, Pierre et Claudius, serruriers et mécaniciens de leur état, savaient que nos voisins anglais venaient d’inventer un tout nouveau modèle de vélocipède.

Alors, quand une des compagnies britanniques, la Rudge Cycle Company, envoie son coureur - représentant pour tenter de percer le marché hexagonal, un certain Duncan, les frères Gauthier s’empressent de l’accueillir.
La démonstration les subjugue : Duncan grimpe la côte de La Fouillouse sans une goutte de sueur, quand eux, avec leur grand bi, peinent à atteindre le sommet sans poser pied à terre.
Discrètement, les frères Gauthier prennent les cotes de l’engin. Et, en 9 semaines, ils le reproduisent en deux modèles, avec quelques menus aménagements : la Favorite et la Militaire. Nous sommes en 1886, la première bicyclette française est née.
Pourquoi "la Militaire" ? Car cette machine répond à une demande du Ministère de la Guerre de se doter d’estafettes vélocipédistes. Et c’est avec elle que Pierre Gauthier sera sélectionné, 9 mois durant, comme estafette du général Boulanger.

Source : André Vant, Le cycle en région stéphanoise, un siècle de savoir-faire, co-édition Fage Éd. – musée d’Art et d’industrie, mai 2014, 336 pages, 25 euros.

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